Caietele Sextil Pușcariu

Giovanni Magliocco

HYPOSTHASES ARCHÉTIPIQUES DE L’ESPACE MONARCHIQUE DANS
LA POÉSIE ROUMAINE ROMANTIQUE
(Resumé)

Variations de l’archétype de la demeure, le château et le palais aimantent l’imaginaire nocturne romantique et postromantique, survivant jusque dans la littérature des avant-gardes, notamment dans les textes surréalistes qui visent à la resémantisation du genre gothique. Notre contribution analyse les métamorphoses de ces deux archétypes spatiaux dans la poésie roumaine romantique. Si chez les paşoptişti (Alexandrescu, Alecsandri, Bolintineanu, etc.), la poétique de l’espace monarchique était encore structurée sur des modèles culturels occidentaux, imprégnés de médiévalismes rétrospectifs, c’est dans la poésie d’Eminescu qu’elle semble se fixer à un niveau beaucoup plus profond. En nous focalisant sur les différentes hypostases archétypiques de l’espace monarchique – le château médiéval comme « Centre » isolé et vertical ou comme locus absconditus; le château noir et maudit; le palais merveilleux et féerique; le château comme lieu idéal des épiphanies érotiques – nous démontrerons que si chez les paşoptişti il partage encore la fonction de chronotope, étant encré dans l’Histoire et témoignant d’un passé national inscrit dans la mémoire collective, chez Eminescu il se transmue dans un miroir de l’âme, dans un palimpseste de l’être. Les châteaux et les palais éminesciens (noirs ou blancs, gothiques ou merveilleux) se configurent plutôt comme des architectures secrètes de l’anima qui, rétablissant la verticalité du Moi, se fixent dans l’histoire intérieure et psychique (sacrée et profane) de l’individu.

Cuvinte-cheie: arhetip, cronotop, castel, palat, gotic, feeric.
Mots-clés: archétype, chronotope, château, palais, gothique, féerique.

[ Înapoi / Text complet ]